REPI

« All of our inspections have been negative » : La « drôle de guerre » de l'OTAN contre le terrorisme dans la Méditerranée


Jeudi, 28 Avril, 2016 - 12:00

Julien POMAREDE, REPI-ULB

Séminaire doctoral REPI

Discutant : Philippe BONDITTI, Maître de conférences à l’ESPOL-ICL (Lille) et chercheur associé au LabTop-CRESPPA (CNRS-Paris 8)

IEE, Salle Kant, 12 à 14 heures (inscription obligatoire : repi@ulb.ac.be)

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Abstract

L’objectif de cette présentation et du papier qui l’accompagne est de déconstruire la représentation de la « menace terroriste » par l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN). Nous partons du constat selon lequel l’appropriation par l’OTAN de la « lutte contre le terrorisme » est contre-intuitive. Durant des décennies, la raison d’être de cette alliance a été de protéger les Etats occidentaux contre des menaces politico-territoriales clairement identifiées. Depuis les attaques du 11 septembre 2001, l’OTAN est engagée dans des « activités contre-terroristes », en dépit du fait que le terrorisme est une notion dont les représentations sont multiples et fortement débattues, s’éloignant ainsi du schéma d’appréhension otanien « classique » et relativement fixe de la Guerre froide. Nous émettons dès lors l’argument selon lequel la capture du terrorisme par l’OTAN est loin d’être naturelle. Compte tenu des contraintes structurales inhérentes à l’appareil de sécurité de l’OTAN, la participation de cette alliance à la « lutte contre la terrorisme » prend la forme d’une sorte de « bricolage » (Crozier & Friedberg, 1992 : 107-109 ; Zittoun, 2013a, 20013b ; Law, 2003).  Empiriquement, nous analyserons l’Operation Active Endeavour (OAE). Il s’agit d’une mission aéro-navale « contre-terroriste » déployée dans la Méditerranée. Elle fut lancée à la suite de l’activation de l’article 5 (clause de légitime défense collective du Traité de Washington) en réponse aux attentats de 2001. En questionnant les pratiques diplomatiques et opérationnelles qui rendent OAE possible, nous illustrerons les mécaniques par lesquelles les forces de l’OTAN construisirent un énoncé autour d’une menace afin de justifier une opération militaire sans réel ennemi.